Articles 2019

D’ici le prochain Congrès mondial, François Gravel, l’Acadie-Nouvelle, le 3 septembre 2019 (éditorial)

Par contre, vous avez peut-être entendu parler de deux autres initiatives qui ont soulevé le débat pendant ou après le CMA, même s’ils n’étaient pas inclus dans la programmation: une Bibliothèque nationale de l’Acadie et la commission visant à définir un modèle d’autonomie gouvernementale pour les régions acadiennes des quatre provinces de l’Atlantique. (…) Nous aimerions voir de tels enjeux être discutés dans un volet à part, lors du prochain Congrès mondial acadien, en 2024, en Nouvelle-Écosse.

Le N.-B. coupe les ponts avec la France, Alexandre Boudreau, l’Acadie-Nouvelle, le 29 août 2019 (article)

Le gouvernement provincial abolit deux postes liés au tourisme en France et en Angleterre. La responsable de la promotion touristique du N.-B. en France, Emmanuelle Winter, a appris la nouvelle mardi après-midi. Elle doit maintenant dire adieu à la province qu’elle a appris à connaître pendant 13 ans de travail. (…) « Incroyable que ça arrive au moment où le journal Le Monde choisit le Nouveau-Brunswick comme destination de l’année, et juste après un CMA », dit d’un ton résigné celle qui habite en France. « J’ai rencontré le ministre Gauvin (lors du CMA) qui m’a félicitée devant les journalistes. J’étais ravie de le croiser, et la semaine d’après, voilà…»

L’Acadie dans ses feuilles, Rino Morin Rossignol, l’Acadie-Nouvelle, le 28 août 2019 (chronique)

Heureuse coïncidence: alors qu’allait prendre fin le Congrès mondial, se tenait à Cocagne un «atelier de réflexion sur le projet d’autonomie régionale de l’Acadie», organisé par une Commission de la gouvernance issue d’une Assemblée nationale de l’Acadie créée par un groupe d’intellectuels de haut niveau, planant au firmament d’un idéal au look utopique, certes, mais qui nous tire vers l’avant. Tout ça peut sembler obscur à première vue, mais c’est exactement l’arbre qui est dans ses feuilles: il suffit de suivre les éléments logiques qui s’enchaînent.

L’Acadie pourra-t-elle un jour obtenir une autonomie politique ?, Simon Delattre, l’Acadie-Nouvelle, le 26 août 2019 (article)

Les Acadiens, minorité sans gouvernement ni territoire propre, n’ont jamais su s’emparer du pouvoir politique pour réaliser leur projet collectif. Malgré tout, un groupe tente aujourd’hui de raviver les espoirs d’une plus grande autonomie.

Bibliothèque nationale de l’Acadie (bis), Rino Morin Rossignol, l’Acadie-Nouvelle, le 7 août 2019 (chronique)

L’Institut de Memramcook doit retrouver le prestige que le Collège Saint-Joseph n’aurait jamais dû perdre! C’est pourquoi je propose qu’il devienne la Bibliothèque nationale de l’Acadie. Contrairement au Centre d’études acadiennes Anselme-Chiasson (CEAAC), il possède tout l’espace voulu pour mettre en valeur les archives acadiennes, et tous les artefacts qui viennent avec. Et pas seulement les archives du passé, mais celles qui s’accumulent aujourd’hui dans d’innombrables boîtes, et aussi celles de demain, celles de 2119, de 2219, de 2319…

Alors c’est tout? Ce ne sera que ça, l’Acadie? Rosella Melanson, l’Acadie-Nouvelle, le 7 août 2019 (lettre)

Il y a bien sûr le joyau gagné à grands frais, la gestion de nos écoles – le nationalisme administratif, le nomment-ils. Je n’inclus pas la gestion des services de santé parce que même dans l’Acadie du Nouveau-Brunswick, la santé est point autant entre nos mains que l’éducation. Mais encore là, je pense, C’est tout? On gère les morceaux qu’on nous laisse? On prend des décisions administratives, jamais politiques? On a de l’influence – sur ceux qui ont le pouvoir – mais jamais d’autonomie et de pouvoir? Je voudrais plus. Je ne sais pas exactement quoi, mais je vois d’autres peuples, qui – sans être un pays, sans être aussi nombreux, même des fois sans avoir créé sur place une nation de toute pièce comme l’ancienne Acadie – sont traités en peuple.

À l’Île-du-Prince-Édouard, la survie du français est une bataille de tous les instants, Simon Delattre, l’Acadie-Nouvelle, le 24 juillet 2019 (article)

D’après Statistique Canada, le français était la langue maternelle de 7300 citoyens de l’île en 1971. En 2016, ils n’étaient plus que 4555, soit un peu plus de 3% de la population. Mais le tableau est loin d’être sombre pour autant. Le nombre de parlants français est en croissance. Cela concerne 17 955 personnes soit près de 13% de la population insulaire. Le programme d’immersion en français est particulièrement prisé; il compte plus de 5000 inscrits et contribue à faire progresser le taux de bilinguisme dans la province. Et dans les écoles francophones, la population scolaire a fait un bond surprenant. La Commission scolaire de langue française de l’Île-du-Prince-Édouard se prépare à accueillir 1065 élèves dans ses six écoles à la rentrée 2019. Ils n’étaient que 816 en 2014.

Un an pour déterminer les frontières de l’Acadie, Alexandre Boudreau, l’Acadie-Nouvelle, 31 mai 2019 (article)

Où est l’Acadie? Un groupe d’Acadiens se le demande. Ghislaine Foulem et Jean-Luc Bélanger se lancent un défi de taille. Au cours de la prochaine année, ces deux acteurs communautaires et une poignée d’intellectuels se donnent la mission de définir le territoire acadien. Ils veulent ainsi valoriser les régions de l’Acadie, telles que la Péninsule acadienne, le Restigouche et Évangéline, à l’Île-du-Prince-Édouard. Les deux coprésidents de cette Commission sur le territoire se sont réunis pour la première fois jeudi avant-midi. La Commission sur le territoire est issue de l’Assemblée nationale de l’Acadie, un organisme naissant qui étudie la gouvernance acadienne.

La Loi sur les langues officielles doit être respectée, Michel Doucet, avocat, l’Acadie-Nouvelle, 29 mai 2019 (lettre)

En cette année marquant le cinquantième anniversaire de l’adoption de la première loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick et plus de 17 ans après la création du Commissariat aux langues officielles, il est surprenant de constater que le premier ministre de la seule province officiellement bilingue au Canada ne semble pas comprendre l’objet de la loi, le mandat du Commissaire aux langues officielles et le processus de sa nomination.

L’état de la patrie, Jean-Marie Nadeau, essayiste, l’Acadie-Nouvelle, 27 mai 2019 (lettre)

J’ai été interpellé dernièrement par des gens qui voudraient que l’Acadie se dote d’instruments de pouvoir qui la rapprochent vers plus d’autonomie politique. Il est vrai que l’on a une trentaine d’organismes qui nous offrent beaucoup d’espaces d’action dans des champs sectoriels différents. Il est vrai aussi que nous avons sur le plan provincial la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) et sur le plan de peuple en Atlantique la Société nationale de l’Acadie (SNA). Ils sont parmi nos meilleurs outils de représentation politique. Mais, est-ce que ce sont des outils suffisants et durables pour assurer notre épanouissement et notre pérennité? La question a le mérite d’être posée.

L’insécurité linguistique : les racines du mal, Lucas Pilleri, Francopresse, Le Gaboteur, 22 avril 2019 (article)

Dans les années 1960, plusieurs pays francophones, ainsi que le Québec, revendiquent l’autonomie de leur langue. C’est à ce moment-là qu’est créé l’Office québécois de la langue française. Le but : créer un nouveau français standard qui ne soit pas axé sur Paris. « Ils voulaient agir contre les représentations intériorisées de leur propre parler, d’une forme idéalisée de la France », analyse Michel Francard. Les variétés de français commencent ainsi à être valorisées et étudiées. Si le travail a porté ses fruits pour le Québec, il n’en est pas de même pour les autres communautés francophones, notamment au Nouveau-Brunswick. « Il n’y a pas du tout les mêmes outils politiques et ressources financières nécessaires », observe Annette Boudreau. Les francophones hors Québec restent victimes d’une double insécurité face aux modèles français et québécois, donnant naissance à « des mouvements de contre-légitimité », par exemple sur la scène artistique avec l’emploi du chiac. Malgré tout, l’Acadienne note un changement des mentalités qu’elle ne trouvait pas auparavant. Le français acadien est aujourd’hui enseigné à l’école et les enseignants « sont très ouverts et conscients », eux-mêmes victimes d’insécurité dans leur jeunesse.

Circonscriptions protégées : le minimum pour les acadiens de la Nouvelle-Écosse, Benjamin Vachet, ONFr, le 15 avril 2019 (article)

Les francophones et Acadiens de la Nouvelle-Écosse attendaient avec impatience le dépôt du rapport final de la Commission de délimitation des frontières électorales, ce lundi. Si les neuf commissaires se sont prononcés en faveur du retour des circonscriptions acadiennes protégées de Clare, Argyle et Richmond, l’idée d’y ajouter Chéticamp n’obtient pas un appui suffisant. Sept ans après la décision du gouvernement néo-démocrate de Darrell Dexter d’abolir les circonscriptions protégées, la communauté francophone et acadienne de Nouvelle-Écosse devrait obtenir le renversement de cette décision renversée par la Cour d’appel de la Nouvelle-Écosse, en 2017.

Référendum sur le mode de scrutin à l’IPÉ : les communautés rurales s’inquiètent de leur voix au chapitre, Erika Musso, La voix acadienne, le 4 avril 2019 (article)

Dans les communautés rurales, les inquiétudes sont bien présentes. Plusieurs résidents craignent que leur voix soit moins entendue, si le système de représentation proportionnelle mixte (RPM) l’emporte au scrutin du 23 avril. L’une des raisons est que la carte des circonscriptions serait revue, leur nombre passant de 27 à 18. Cela signifie que certaines circonscriptions verraient leur taille augmenter de 50 %. C’est notamment le cas de la circonscription 24, Évangéline-Miscouche, qui serait fusionné avec la 23, Tyne Valley-Miscouche. De 2 925 électeurs pour la circonscription 24, le nombre passerait à 4 166 pour ce qui serait la nouvelle circonscription. «On a peur d’être englobés dans une zone anglophone», résume le maire de Wellington, Alcide Bernard.

Le potentiel de la francophonie économique, Thomas Raffy DG du CÉNB, l’Acadie-Nouvelle, le 20 mars 2019 (article)

Saviez-vous que le français est la troisième langue des affaires dans le monde et, qu’avec l’anglais, elle est la seule langue parlée sur cinq continents? En misant sur le caractère francophone de nos entreprises, le potentiel s’avère donc énorme pour développer davantage de liens et de partenariats économiques dans les pays de la francophonie. À l’échelle mondiale, mentionnons les occasions à saisir avec la mise en oeuvre de l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne qui élimine ou réduit les obstacles au commerce. Ceci ouvre grand la porte au marché européen pour nos entreprises, particulièrement en France et en Belgique avec qui nous partageons déjà des liens économiques. N’oublions pas non plus le potentiel d’exporter dans les pays francophones de l’Afrique, puisque ce continent présente une nouvelle économie mondiale en émergence.

La population du monde francophone dépasse les 500 millions d’habitants, Ilyes Zouari, CERFM, 4 février 2019 (article)

Avec une croissance démographique annuelle de 2,2%, le monde francophone constitue l’espace linguistique le plus dynamique au monde, devant l’espace arabophone (2,1% et 435 millions d’habitants), et a récemment dépassé l’espace hispanophone dont la population est aujourd’hui estimée à 470 millions d’habitants (+ 0,5% par an). Cet essor démographique s’accompagne également d’un grand dynamisme économique, et notamment en Afrique francophone subsaharienne qui constitue le moteur de la croissance africaine, en plus d’être globalement et historiquement l’espace le plus stable au sud du Sahara. Par ailleurs, toutes les études économiques démontrent clairement que les échanges peuvent être bien plus importants entre pays et peuples partageant une même langue. À ce sujet, un seul exemple suffit à démontrer l’impact économique du lien linguistique : les touristes québécois sont proportionnellement quatre fois plus nombreux que les touristes américains à venir chaque année en France… et à y dépenser. 

Un projet d’autonomie régionale pour l’Acadie, Benjamin Vachet, ONFr, 1 février 2019 (article)

«Je suis inquiet pour l’état de la francophonie d’ici, comme d’en Ontario. On fête cette année les 50 ans de la Loi sur les langues officielles au Nouveau-Brunswick, une loi qui allait dans la bonne direction, mais quels en sont les résultats? Les anglophones n’apprennent pas plus le français et on voit encore, comme nous l’a montré le dossier des Jeux de la Francophonie, que les décisions sont prises par la majorité anglophone.» Raison pour laquelle l’ancien élu provincial libéral et ancien ombudsman du Nouveau-Brunswick, Bernard Richard, a accepté de coprésider la Commission sur la gouvernance en Acadie. Avec le professeur de droit de l’Université d’Ottawa, le constitutionnaliste, Pierre Foucher, ils auront la charge de veiller à la bonne direction du projet de l’ANA, initié l’été dernier. D’ici l’automne 2020, ils devront présenter un modèle de gouvernance régionale pour l’Acadie.

À quoi aurait pu ressembler une église rénovée de Bas-Caraquet?, Réal Fradette, l’Acadie-Nouvelle, 26 janvier 2019 (article)

Même si l’église Saint-Paul de Bas-Caraquet n’est plus qu’un amas de pierres et de poussières, l’exposition Rêver le patrimoine acadien donne une bonne idée, non sans un brin de nostalgie, de ce que les citoyens auraient pu réaliser avec les murs du bâtiment religieux et patrimonial incendié en juin. (…) Certains projets sont éclatés, d’autres sont plus réservés. Les étudiants ont touché à tout. Il y a des concepts religieux, des bibliothèques, des lieux de retraite, des salles communautaires et d’événements, des lieux funéraires. «Ils ont réalisé la valeur de ce que l’on a et de ce que l’on est. Ce que nos ancêtres ont construit, il faut en prendre soin et si ça peut aider le comité à mieux vivre le deuil de l’église, tant mieux, même si ce n’était pas le but de notre travail. Nos ancêtres avaient une vision en bâtissant cette église. À notre tour, nous devons avoir une vision sur ce qui définit l’Acadie. Voilà pourquoi ce projet est utile», a expliqué l’enseignant.

L’Ouest est de mauvaise humeur, Yves Boisvert, La Presse, 23 janvier 2019 (chronique)

L’Ouest n’est pas de bonne humeur politique et deux coupables ont été identifiés : le Québec en général et Justin Trudeau en particulier. Le ressentiment se nourrit à plusieurs sources, mais deux principalement : des paiements records de péréquation au Québec, qui dégage des surplus budgétaires records ; et l’opposition officielle du Québec à la construction de l’oléoduc Énergie Est pour transporter le pétrole albertain jusqu’aux raffineries d’Irving au Nouveau-Brunswick. (…) Quelle que soit la configuration politique du Canada de 2020, il n’est pas trop hasardeux de prédire aussi que le Canada se prépare pour une crise constitutionnelle comme on n’en a pas connu depuis longtemps. Sauf que cette fois, elle viendra d’une révolte de l’Ouest, et pas de la menace souverainiste du Québec.

Une Commission versus des États généraux, Cyrille Syppley, l’Acadie-Nouvelle, 16 janvier 2019 (lettre)

Une rumeur circule voulant que les instances gouvernementales aient été séduites par l’idée du maire d’Edmundston, Cyrille Simard, sur le bien-fondé de nommer une Commission sur l’éducation et le bilinguisme au Nouveau-Brunswick. Je reconnais que par le passé, certaines commissions provinciales ont effectivement donné de bons résultats pour favoriser le mieux-être de l’ensemble de la population. D’autres par contre, au terme de longs et onéreux travaux, ont vu leurs rapports immédiatement déposés sur les étagères sans que ne soient approuvées ni mises en oeuvre leurs recommandations prioritaires. Il faut se rappeler que la nomination d’une commission est une démarche politique. Bien que la question à l’étude soit habituellement de nature socioéconomique, les ficelles décisives sont souvent tirées dans une direction ou dans l’autre en fonctions d’allégeances ou d’idéologies politiques, qui peuvent être ou ne pas être dans l’intérêt supérieur du bien commun ou des droits des minorités.

Torpillé par le Canada, Jean-François Boivert, l’Acadie-Nouvelle, 7 janvier 2019 (article)

Un chirurgien d’origine colombienne tente – non sans difficultés – de faire venir au Restigouche une douzaine de jeunes nageurs de son pays d’origine dans le cadre d’un stage de perfectionnement. L’aventure s’avère toutefois plus compliquée que prévu. (…) S’il s’agit avant tout d’un projet sportif lié à l’entraînement, M. Rozental veut également en faire un lieu d’échange culturel, social et humain. En fait, il veut contribuer à la création de liens entre les nageurs des deux pays et ainsi bâtir des ponts entre son ancienne patrie et cette région du Nouveau-Brunswick qu’il considère pratiquement comme sa seconde demeure. La communauté restigouchoise s’est ralliée au projet, des fonds ont été amassés, et ce, tant par des particuliers que par des clubs sociaux. Mais voilà, le projet se bute à un obstacle de taille: l’immigration canadienne.

Il faut vraiment être prêts à tout!, Rino Morin Rossignol, l’Acadie-Nouvelle, 2 janvier 2019 (chronique)

Les libéraux, qui n’étaient déjà pas très portés sur la défense et la promotion du fait français, donnent l’impression de vouloir un nouveau chef qui serait un clone rouge du chef conservateur! Hallucinant. On peut comprendre le Parti libéral de vouloir rapailler des forces électorales chez nos tinamis anglos, après tout l’Acadie est tellement libérale qu’elle en devient un électorat captif, et le parti n’a pas grand gain à espérer de ce côté. Ce qui est triste, cependant, c’est que si les libéraux sont prêts à se travestir en conservateurs-à-la-Higgs, ça ne prend pas la tête à Papineau pour comprendre que les droits linguistiques des francophones de la province seront vraiment en très mauvaises mains, qu’elles soient rouges ou bleues.