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Vive l’Acadie, vive l’Acadie…

« Mais qui-c’est ben que j’sont nous autres? » La Sagouine

L’Acadie cherche à se définir.
Cherche ses mots aussi, en français, en chiac, en vieux parler acadien.
Sur ses affiches, dans ses commerces, dans ses guides touristiques.

L’Acadie havre de paix, l’Acadie tourmentée par son passé.
Avec des gens bénaises, d’autres, des vrais esclaves.
Avec des gouvernements qui nous prennent garde, et d’autres qui s’en fichent.

L’Acadie surdouée, l’Acadie analphabète.
L’Acadie athlétique, l’Acadie obèse.
L’Acadie végétarienne, l’Acadie frite.
L’Acadie de l’air pur, l’Acadie de l’air qui nous rend malade.
Belle Acadie de la mer, l’Acadie des océans pollués.
Belle Acadie des terres, l’Acadie des forêts rasées à blanc.

Nos amis les anglais, nos ennemis les anglais.
Nos amis les autochtones, nos voleurs de homards.
Nos immigrants bienvenus : allez-vous en chu-vous!

L’Acadie ouverte sur le monde, l’Acadie dans sa cave.
L’Acadie existe, l’Acadie n’existe pas vraiment.
Fiers de notre patrimoine, celui-là qui nous reste.
Shédiac, Shediac.

L’Acadie n’a qu’une grande ville dans tout le monde, elle s’appelle Monckton.
L’Acadie vit pour la plupart dans une province, et sa capitale s’appelle Frederickton.
L’Acadie vit dans un beau et grand pays, il s’appelle le Canada.
L’Acadie a des belles régions, elles se vident.
L’Acadie vit dans un continent prospère, innovateur, développé.
L’Acadie vit dans un continent paquet de nerfs et mal amanché.

L’Acadie des contradictions, l’Acadie de l’espoir.

L’Acadie, paradis terrestre, rêve à son avenir.
Vive l’Acadie, vive l’Acadie…

Septembre, 2004
Moncton, Acadie

(Extrait de L‘Assemblée Nationale de l’Acadie, un document de réflexion préparé par Daniel LeBlanc et présenté à la Convention nationale acadienne en 2004)